L'oeuvre Vies des hommes illustres et des grands capitaines de Pierre de Bourdeille, seigneur et abbé de BRANTÔME
Ecrit par Pierre de Bourdeille, seigneur et abbé de BRANTÔME
Date : 1665
Citations de "Vies des hommes illustres et des grands capitaines"
Pages 1
Utilisé pour le mot | Citation |
ABHORRABLE | Pour celuy [nom] de Furstemberg, il estoit trop hay et abhorable aux François |
AGACER | Les arquebuzades et les zagayes des Mores qui agaçoient à toute heure l'armée.... |
AMADOUER | Ores le guerroiant comme il pouvoit, ores l'amadouant par trefve |
AMBIGUMENT | Ils [les devins] parlent toujours ambiguement |
ANICROCHE | Advisa [M. le connétable] d'en faire plusieurs retranchements sur les payes, les abaisser, gagner quelques jours sur les mois, bref y faire quelques petits anicrochements |
ARME | Bien qu'il fist ses premieres armes sous de grands capitaines |
ASPERGÈS | Il prit l'aspergès et de l'eau bénite et nous en donna |
ASTUCE | Pour montrer qu'au dit Gonsalve ses astuces luy servirent bien autant ou plus que ses vaillantises.... |
AUSTÈREMENT | Je croy que la conversion et religion de cet empereur ne fut jamais dissimulée ; car il en porta l'habit très austerement |
BANDOULIÈRE | Et n'avions point encore de charges de bandollieres, mais de nos fournimens seulement |
BARDOT | Il a fallu que j'aye faict ceste digression ; il fault qu'elle passe par bardot [bête de somme en surnombre] sans payer peage |
BEAU ou BEL, BELLE | À quoy le roy l'eschappa belle ; car l'harquebusade... |
BEC | Et ceste paille en passa par le bec du dict marquis, qui ne fut faict là general |
BÉGU, UE | Il y eut bien là du bigu [dans un raccommodement] |
BOTTE | Henri II jouoit au maille qu'il avoit fort bien en main ; car il estoit fort et adroit, et en faisoit de très belles et longues bottes ou coups |
BOUE | On la [une ville] disoit n'estre faite que de boue et de crachat ; de tels mots usoit on pour monstrer sa foiblesse |
BROCARDEUR, EUSE | Nos farceurs et brocardeurs françois |
BRONZER | Les chausses de taffetas et les bas de chamois bronzé |
BROUILLON, ONNE | Un brouillon ne recerche qu'à brouiller un autre |
BRÛLABLE | [Charles Quint mort] estoit indigne de sepulture en terre saincte et très bruslable comme fagot |
BRUSQUE | Il est très brave et vaillant et brusq ; jamais il ne refusa combat |
BRUT, BRUTE | Le capitaine de l'ille d'Ischie advertit par trois volées de canon que la mer estoit brute ; ils usent de ces mots pour dire qu'il y a des corsaires en mer |
BUISSON | Il y en a tant eu [des mestres de camp] et l'en fait tant tous les jours que, par maniere de dire, il n'y a gueres contrée en France que, si on en bat les buissons, on en verra sortir un mestre de camp |
CADET, CADETTE | Sainte Colombe, allant au dernier assaut de Rouen avec cinquante des meilleurs soldats, y mesle une vingtaine de goujats et cadets, que ce n'estoit que feu et bons harquebusiers |
CANARIE | La gaillarde, la pavanne d'Espagne, les canaries.... Le roy lui fit danser cette danse qui avoit alors grande vogue, tandis que M. de Strozze la jouoit sur le luth |
CANONNADE | D'autres disent un coup d'arquebusades, un coup de canonades, ce qui est très improprement parlé ; car le coup de canon s'appelle canonnade, et le coup d'arquebuse arquebusade ; les Italiens et les Espagnols, desquels nous avons appris et emprunté les mots, ne font telles incongruitez |
CAPITAINE | Capitaine estoit anciennement le seul nom qu'on donnoit à ceux qui commandoient des trouppes d'infanterie ; à quoy on a substitué ceux de mestre de camp et de colonel |
CASAQUE | Il y a eu trois tournures de casaques en France qui ont bien porté dommage, M. de Bourbon, Moron et André Doria |
CASSADE | Il est bien vray qu'il [le connétable de Bourbon] fut fort bien compris dans le traité de Madrid ; mais le roy le rompit tout à trac quand il fut de retour en France, si bien que M. de Bourbon eut la cassade |
CHARPENTE | Aussi fut cette belle naumachie ou combat de galeres, tout à l'antique, et pour la façon encore et enrichissement des dites galeres de leurs poupes et proues, tant pour l'art de la hasche que l'on appelle la charpente en Levant, que pour la menuiserie |
CHEMIN | Il faict bon aller son grand chemin et non tergiverser |
CHEMIN | Combien avons-nous veu depuis force huguenots s'estre convertis et faits bons catholiques ! Les chemins en rompent |
CHEVALIER | On appeloit communement messieurs de Bayard, de la Crotte et le capitaine Frontailles, chevaliers sans peur et sans reproche ; qualité certes très belle et des plus belles du monde à qui l'a merité porter, voire plus que tous les noms des seigneuries du monde |
CHEVROTIN | Il [le connétable de Montmorenci] le rendit [le peuple de Paris] souple et maniable comme un grand chevrotin de Vendosme, dont le roy en eut un très grand contentement |
CHIER | Il le mena [David, ministre protestant], qui lors estoit à Fontainebleau ; mais, ayant parlé à M. le cardinal de Lorraine, le dit David chia sur la bible [abandonna le protestantisme] |
CHÔMER | Des lors qu'il se mist aux guerres, il ne chauma pas d'en apprendre de bonnes leçons |
COGNER | Qui fut bien aise ? Ce fut André Doria, lequel l'ayant là accullé et coignié, qu'il n'en pouvoit jamais sortir sans sa misericorde.... |
COLONEL | Le duc d'Albe eut pour mestre de camp general ou, pour mieux dire, colonel commandant à tous (car tel l'avoit eslea le duc d'Albe), Chiapin Vicelly |
COMMENCEMENT | Mourut ce bon capitaine et honnorable seigneur, qui ne pouvoit mourir autrement ; car qui a bon commencement a bonne fin |
COMMENDATAIRE | Et si, elle ne vaut pas trois mille livres de revenu, dont il en faut donner beaucoup plus de la moitié pour l'entretien de l'abbé commendataire |
COMPATIR | Ils ne sauroient jamais bien compatir ensemble |
COMPUTER | Il estoit pour lors gouverneur de l'Estat de Milan pour l'empereur, où Ferdinand de Gonzagues ayant mesme charge, cela se peut computer aisement |
CONCORDAT | N'oubliant le concordat qui jadis fut faict contre les empereurs, que nul empereur ne seroit jamais roy des Deux Siciles |
CONSCIENCIEUX, EUSE | Charles Quint disoit qu'estant courageux, ambitieux et grand guerrier, il ne pouvoit estre très bon religieux et conscientieux |
CONVOLER | Ne faisant point comme plusieurs dames que j'ay veu, veuves et convolantes, qui de leurs premiers et grands mariages s'abbaissoient et descendoient fort bas avec des petits |
COQUIN, INE | Un très homme de bien et d'honneur et nullement coquin ny pressant demandeur après son roy |
CORSAIRE | Mesmes se soubçonna on qu'il [André Doria] avoit quelque sourde intelligence avec Barberousse, comme corsaire à corsaire |
CORSELET | Cinq compagnies d'espagnols de vieilles bandes, avec leurs corcelets, harquebuses et morions qui reluisoient bien fort, et avec cela braves d'habillemens aussi comme des princes |
COUP | S'estant transpercez les visages par coups fourrés, comme en ce temps là on usoit de ces mots |
COURSIVE | Les soldats aux arbalatieres, poupes, rambades, proues et coursies, tant bien en point et tant bien armez d'armes si claires et reluisantes que c'estoit une très belle chose à voir |
CRÉATURE | On le disoit estre son disciple et sa creature de guerre [de Pescaire] |
CRÉER | Il n'y a insolence que le soldat mal creé, et en de tels endroits, ne fasse |
CROUPE | Ils eussent fait leurs affaires sans se mesler de celles d'autruy, ains les laisser en croupe [rejeter, laisser derrière soi] |
CUPIDITÉ | La cupidité d'avoir un tel livre si beau et si rare |
DAMERET | Il estoit fort dameret, s'habillant toujours fort bien |
DÉBORDÉMENT | Si bien qu'on disoit qu'il lui avoit appris à jurer aussi debordément qu'il faisoit |
DÉFAVORISER | La fortune joue son jeu, comme il lui plaist favoriser et defavoriser les gens |
DÉFI | Se battre en deffy |
DÉSENGAGER | Le cheval ayant esté tué sous luy, après qu'il s'en fust desengagé, vint le capitaine de Castaldo à cheval, qui le prit prisonnier |
DÉSENNUYER | Ils ne chantoient autre chanson, et mesmes en cheminant pour se desennuyer |
DÉSUNION | Considerant le mal et le deshonneur qui luy escheroient de la desunion de son bon frere |
DÉVALISER | Il fut poursuivy, tué et desvalisé de toutes ses despesches |
DIÈTE | Nostre dernier roy Henry troisieme, faisant un jour la diete [retraite, repos] à St-Germain où il s'estoit retiré à part hors de la cour, qu'il avoit laissée à Paris, avec la reyne sa mere |
DISCIPLE | Disciple passe bien souvent le maistre |
DISCOURIR | La reyne [Cath. de Médicis] qui sçavoit discourir de toutes choses très bien à propos.... |
DISCOURTOISEMENT | Ceste ambassade ouye, trop discourtoisement fut respondu que.... |
DRAPEAU | M. le mareschal de Brissac luy donna son guidon de cent hommes d'armes, et tel drappeau ne se donnoit le temps passé, et mesme d'un si grand mareschal que celuy là,à jeunes gens qui n'eussent fait de fort signalées monstres de leur valeur |
DUC | Il se sauva des premiers, et s'appelloit le duc de Sulmone ; les ducs vollent bien aussi roide quelquesfois que les autres oyseaux |
ÉCONOME | Ny plus ny moins que l'on voit un bel arbre que le vent ebranle, et l'a à demy penché ; vient quelque bon oeconome ou hortolan, qui le vient appuyer, et dure quelque temps et produit du fruit |
ÉCOT | Conter d'escot pour quelqu'un [payer pour lui] |
ÉCUMER | Quand le duc d'Albe passa vers Flandres, tout le bruit commun estoit qu'en faisant semblant d'escumer Geneve, que tout à plat il l'alloit assieger |
EFFET | En venant il fit tout plein de beaux effets, car il y prit force piaces que tenoient les huguenots, dont Mascon en fut une |
EMBRENER | Le seigneur des Cars se trouva aussi embrenné avec luy, lequel fut aussi disgracié |
EMPRISONNER | Fabrice, en la bataille de Ravenne, combattant vaillamment et enfonçant furieusement un gros de cavalerie françoise, fut fort blessé et emprisonné [fait prisonnier] |
ENCHAÎNER | Il lui estoit grief de voir tant de chrestiens encadenez et menez esclaves et traittez miserablement pour jamais |
ENCLOUURE | L'enclouure estoit en ce qu'il eust de grandes guerres de tous costez |
ENDIABLER | On avait fait un adverbe, endiablement : Ils combattirent plus endiablement pour venger sa mort |
ENFANT | M. de Strozze avoit esté nourry enfant d'honneur du petit roy François II, estant monsieur le dauphin |
ENJAMBER | L'office de sergent major ni de mestre de camp general ne se pouvoit bien exercer, qui ne se peut jamais bien faire à pied, quelque bien enjambé qu'il soit |
ENTRANT, ANTE | Je voudrois que le duc d'Albe fust plus entrant qu'il n'est en compagnie |
ENTRE-TAILLER (S') | La grande confusion de paroles, parmi laquelle on s'entretaille [on se coupe] |
ÉPOUSER | Le fit prendre prisonnier avec monsieur de Montmorency au bois de Vincennes, et puis espouser [confiner] à la bastille pour seize ou dix sept mois |
ÉPOUSSETER | Il s'associa avec Louis XII pour faire la guerre aux Venitiens, que nostre roy espoussetta bien à bon escient |
ESCORTE | Les merites, rencontrant une noble extraction, sont plus forts et se font meilleure escorte l'un à l'autre |
ESCRIME | À ce siege [de Metz], M. de Guise fit perdre l'escrime [fit échouer] à ce grand capitaine, le duc d'Albe, voire à l'empereur son maistre |
ESTACADE | La faute d'estocade pour estacade signalée par d'Aubigné se trouve dans l'exemple suivant : Comme deux braves combattans en une estocade, après qu'ils ont bien fait leur devoir, viennent à estre separez par les juges et mareschaux de camps.... |
FARFADET | Avec la faveur de son petit esprit farfadet ou astarot |
FAUX, FAUSSE | Durant ces guerres de la ligue, plusieurs se sont aydez des places que le roy dernier leur avoit données en garde, et de ses moyens et finances, pour luy faire la guerre et jouer fausse compagnie |
FERRER | Voilà comment sagement ce grand amiral gouverna et ferra fort doucement ces messieurs les reistres, si mal aisés à ferrer |
FESSER | Rien ne le fit partir [le cardinal de Lorraine] de la cour que la poltronnerie, ayant eu pourtant un grand crevecoeur et depit, quand, sortant de la ville, il oyoit crier parmi les rues, les boutiques et les fenestres : adieu, monsieur le cardinal, la messe est fessée |
FORTUNE | Quand il [Charles-Quint] sceust que non [que la victoire de Saint-Quentin n'avait pas été poursuivie], il dict qu'en son aage et en ceste fortune de victoire, il ne se fust arresté en si beau chemin |
FOUGON | Vint au fougon, et là prist un tison de feu, et descend en bas de la chambre de la munition, et mit le feu dans les poudres, si bien qu'en se perdant il perdit et la galere et tout ce qui estoit dedans |
FOULER | Le matin on vint pour rompre et fouler la porte de sa chambre, pour la tuer |
FOURRER | S'estans transpercez les visages par coups fourrez (comme de ces temps on usoit de ces mots), tous deux tomberent |
FRAÎCHEUR | Ce seigneur n'aimoit point à prendre ses aises aux fraischeurs.... Depuis, ce proverbe couroit : vous allez à la fraischeur de M. d'Imbercourt, quand on alloit par pays au plus chaud du jour |
FRASQUE | Ceux qui le vouloient excuser de quoy il avoit faict ceste frasque à ses compagnons.... |
FRÈRE | Tous deux mettent la plume au vent, comme bons freres jurez de ne s'abandonner jamais et vivre et mourir ensemble |
FRISER | La conqueste de la duché de Luxembourg qui fut rafflée et frisée en un rien |
FROTTER | Il trouvera des gens à qui parler là-bas, et faut qu'il ne s'y frotte sa mitaine |
FUSÉE | Estant arrivé d'Espaigne à Milan, il y trouva bien des fusées à desmesler |
GAILLARDE | Et n'estoit le dit comte propre pour une seule danse, mais estoit universel en tout, fust pour les bransles, pour la gaillarde, pour la pavanne d'Espagne, pour les canaries, bref pour toutes |
GANTELET | Estre pris sans gantelet [être pris sans vert] |
GENTILHOMME | Au siege de Rouen, aux premieres guerres, un capitaine qu'on tient pour très grand aujourd'huy et qui a grande garde, mais des lors il n'estoit que simple gentilhomme servant de guerre |
GIBECIÈRE | Les envieux tant amys qu'ennemis du dit sieur d'Espernon accouroient.... lesquels, voyant le tiltre [d'un livre], deboursoient de leurs gibbecieres pour en faire l'achat |
GONIN | D'autres disent qu'ayant menagé les deniers du roy, il les a menagez si bien et les a fait passer si bien par invisibilium, avec la faveur de son petit esprit farfadet, que très subtilement, en disant favorisat, corouzat, comme dit maistre Gonin on son passe passe, il les a fait sauter dans ses coffres au lieu de sauter dans ceux du roy |
GOUTTIÈRE | Ce fut au visceroy à se sauver par la porte de derriere, de muraille en muraille, de goutyere en goutyere |
GUERRE | Aussi dict-on qu'il fault faire la guerre à l'oeil ; et qui la faict bien les yeux fermés, ou en absence et bien loing, est fort à louer |
GUET | Il est bien vray qu'il [le connétable de Bourbon] fut fort bien compris dans le traité de Madrid ; mais le roy [François 1er] le rompit tout à trac, quand il fut de retour en France, si bien que M. de Bourbon fut du guet [fut la dupe] et eut la cassade |
GUIDON | M. le mareschal de Brissac luy donna son guidon de cent hommes d'armes, et tel drappeau ne se donnoit le temps passé, et mesme d'un si grand mareschal que celuy-là, à jeunes gens qui n'eussent fait de fort signalées monstres de leur valeur |
HARAS | Il a toujours bien faict en sa charge ; aussi estoit il de très bon haras [race] |
HAUSSER | Ce grand capitaine eut pour lieutenant à sa compagnie de cent hommes d'armes Dom Diego de Quiñones, qui lui haussa bien la main [l'assista] en ses combats et victoires, et de vray luy fut bon et brave lieutenant |
HAUT, AUTE | Il l'eust faict appeller [en duel] ; car il estoit hault à la main et prompt à la vengeance |
HYPOCRITE | La nuict est plus propre pour les hypocrites de guerre que le jour qui de son beau soleil esclaire nos vices et vertus |
IMMODESTE | Quant au tableau de la prise de notre roy [François Ier], celui-là ne fut si immodeste ni si scandaleux qu'un qui fut faict à Rome |
IMPATRONISER | Vray est que les empereurs, n'aiant ni coeur ni valeur ni moyen pour le leur oster [le duché de Milan aux Sforce], furent contraints de le leur laisser, et les en impatroniser, pour le tenir à foy et hommage de l'empire |
IMPRENABLE | Le pape fut pris dans la forteresse de Sainct-Ange, imprenable pretendue |
INCARCÉRER | Incarceré |
INCIDENCE | Nos vieilles chroniques usent souvent du mot incidence à la teste des articles estrangers à leur histoire principale |
INSATIABLE | Encor ces soldats furent si desbordez et insatiables que.... |
INSATIÉTÉ | Ils [les soldats du connétable de Bourbon, à Rome] ne se contentoient pas d'avoir pris, pillé et saccagé jusques à la terre ; il fallut que les cardinaulx, evesques, ambassadeurs et marchandz donnassent encore de l'argent pour la paye des soldatz ; quelle insassieté ! |
INSTALLER | Cosme de Medicis se fit et installa chef de la republique de Florence |
INVISIBILIUM | D'autres disent qu'ayant manié les deniers du roy, il les a mangez si bien et les a fait passer si bien par invisibilium.... |
JEUNE | Nous autres courtisans, j'ay veu que nous appellions a la cour un jeune gentilhomme qui ne faisoit que venir, jeune espée |
LANDIER | Si bien qu'ils furent contraincts de se lever de table et aller à la cuisine où ils ne trouverent ame vivante et le feu tout mort et les landiers froids comme ceux d'une confrerie |
LANGUE | Autant de langues que l'homme sçait parler, autant de fois est-il homme |
LAQUAIS | N'ayant chacun que deux chevaux et un valet et un laquais |
LARD | J'ai ouy dire qu'on lui faisoit tort, et qu'on lui faisoit accroire qu'il avoit mangé le lard, pour jouir de son revenu [on lui imputait une fausse accusation pour s'emparer de son revenu] |
LENDORE | Il y a force grands [hommes de grande taille] qui sont grands landores, tant mal bastis et adroits que c'est pitié |
LIPPÉE | Aussi en sa vie leur a-t-il donné de bonnes lipées |
LOUP | Ores faisant semblant de vouloir combattre, ores s'esloignant tout à coup : retraicte de loup, monstrant toujours les dents |
MADAME | Pour gagner l'honneur de chevalerie et faire appeler sa femme madame |
MAIGRELET, ETTE | Il estoit maigrelin |
MAL, ALE | Il [le duc d'Orléans, fils de François 1er] alloit plus viste que monsieur le Dauphin son frere, il estoit prompt, bouillant, et aimant à faire tousjours quelque petit mal |
MARAIS | [Au siége de la Rochelle, dans une terreur panique] plusieurs eurent telle frayeur qu'ils aviserent à se sauver par les marais, et plusieurs s'y enfuirent qui furent après reconnus par la boue qui en estoit empreinte en leurs chalesses [sic] |
MARDI | La royne voulut qu'il se fist à Fontainebleau un fort beau mardi gras de festins, mascarades, combats et tournois |
MARIAGE | Mariages qui se font par amourettes finissent par noisettes [querelles] |
MARRANE | Il fit une chose très belle pour la religion d'Espagne : car il chassa tous les Mores de Grenade ; de sorte qu'ils n'ont plus infesté l'Espagne depuis, et ne se ressentent plus de marrane comme ils faisoient |
MARTINGALE | Ce brave chevalier [le roi François 1er] avoit une complexion en luy, que, toutes les fois qu'il vouloit venir au combat, il falloit qu'il allast à ses affaires et descendist de cheval pour les faire ; et pour ce portoit ordinairement des chausses à la martingale, autrement à pont levis |
MATOIS, OISE | On a beau estre agile et subtil de la main comme un basteleur ou un matois à couper une bourse |
MAUGRÉER | De despit il rompt son espée, la jette contre terre, se maugrée, deteste ciel et terre |
MÉDIUM | En tout pourtant il y a du medium [un milieu à garder] |
MÉFIANCE | On trouve meffi au XVIe siècle : à cause du meffy que l'empereur prit de lui |
MEMBRE | La plus grand'part des membres [brigades] des gendarmes estoit à sa devotion |
MENESTRE | Non sans grande peur qu'il eut que le roy de France Louis XII ne luy fit payer la menestre de sa revolte [ne le chatiât] |
MESSE | Le tenoit on huguenot, quoy qu'il allast à la messe ; mais on disoit à la cour : Dieu nous garde de la messe de M. de l'Hospital |
MESTRE DE CAMP | Il y en a aucuns qui ont eu cette opinion, qu'il falloit qu'aucuns mestres de camp fussent à cheval le jour de la bataille comme le sergent major, et j'ay veu aucuns capitaines vieux tenir qu'il estoit ainsi necessaire |
MILORD | Les rançonnemens que l'on faisoit de ces gras usuriers milorts, quant on les tenoit une fois, leur faisoit bien sortir de par le diable leurs beaux escus et leurs bourses, en despit d'eux |
MIRACLE | Ce grand oeuvre de l'Escurial du roy d'Espagne qu'on dit que jamais tous les sept miracles de jadis n'ont approché |
MITAINE | Et ne fault pas doubter que si le pape eust voulu abuser de son autorité, que l'empereur ne l'eust faict sauter hault comme une mitaine |
MONDANISER | Les vieux soldats les entreprenoient, les prenoient en main, les mondanisoient, si bien qu'en peu de temps on ne les eust reconnus |
MONSIEUR | Le roy François l'aimoit fort, et estoit de ses grands favoris ; si que, voulant un jour un peu abuser de cette faveur, il se mit à appeler le roy monsieur, ainsi que faisoit M. de Vendosme ; mais le roy luy dit que c'estoit tout ce qu'il pouvoit permettre à M. de Vendosme son aisné, et qu'il ne le vouloit pas permettre au puisné.... |
MORE ou MAURE | Il se mit sur ses vieux jours à aimer une more, qu'il aima et tint en ses delices, de telle sorte qu'il dedaigna toutes sortes de beautez et toutes autres dames honnestes |
MORICAUD, AUDE | Il [Henri II] estoit beau, encore qu'il fust un peu mauricaut ; mais ce teint brun en effaçoit bien d'autres plus blancs |
MULE | Elle ne faisoit grand cas du dit prince, et plusieurs fois luy a fait tenir la mule, cela s'entend qu'il entroit ordinairement dans la chambre de la reyne, et le dit prince demeuroit en l'antichambre, et non sans estre brocardé d'elle, comme elle sçait bien faire |
MULET | Il m'avoit donné le coup de pied de mulet, et fait le tour d'un ami ingratissime |
MUTINEMENT | Il eust mieux valu qu'il [François 1er prisonnier] les eust entretenus [des soldats espagnols révoltés] en cet humeur et mutinement.... |
MYSTÈRE | Nous mena dans le trou du fossé pour en estre à couvert, et n'y fusmes pas plus tost que la mine joua son violent mystere contre les nostres |
NESTOR | Aussi l'appelloit on dès lors le vieil, sage et fin Nestor des François, comme l'autre dans Homere l'estoit des Grecs |
NEZ | Fallut donner la bataille qu'ils perdirent, et fallut après s'en retourner en France, avec un nez de honte ; car par ce moyen tout l'Estat de Milan se perdit |
NOIX | Il [Coligny] prit si grand goust à ceste noix [le changement de la France], qu'il ne s'en degousta jamais |
NONCE | J'ay usé de ce mot de nonce puis qu'il s'use aujourd'huy ; mais j'ay veu à mon avenement à la cour que l'on n'en usoit, sinon d'ambassadeur du pape ; et quand ce nom de nonce fut introduit, par derision on disoit : voilà l'once du pape |
NOURRIR | M. Cossains estoit vieux soldat et capitaine, gentilhomme nourry en Piedmont de M. de la Mothe Gondrin |
NUIT | La nuict n'a point de honte, et elle couvre beaucoup d'imperfections et poltronneries |
OREILLE | L'empereur lui fit la sourde oreille |
PAGE | J'ay oui dire à une damenotable, que le roy François le louoit [Louis XI] extremement fort ; qu'il estoit un peu trop cruel et sanguinaire, et que c'estoit luy qui avoit mis les roys de France hors de page ; car devant luy, disoit-il, les rois n'estoient que des demy rois, et n'avoient encore gagné l'autorité et la preeminence sur leur royaume |
PAIX | Le zele et la devotion qu'il [Coligny] a porté à sa religion font foy de tout, et, qui plus est, les paix qu'il a faites ; car, aussitost que le roy luy accordoit et à ses partisans l'exercice de leur religion, le voilà qu'il mettoit aussitost les armes bas |
PALME | Ce sont les vaillants soldats qui cuyllent les palmes et les donnent aux grands chefs et generaux |
PANCARTE | Madame Dampierre, ma tante, dame d'honneur de la reyne Louise, qui estoit une vraye pancarte des choses memorables de la court.... |
PAPILLOTE | Monsieur le marquis s'estoit accommodé d'un fort grand panache à sa salade, si couvert de papillotes [sorte d'ornement] que rien plus |
PARADE | Feu M. de Guise comparut ainsi en sa parade [habillement] et entrée de camp en un combat à cheval qui se fit un jour au Louvre aux nopces de M. de Joyeuse |
PART | Si bien que parmy leurs pages et laquais des uns et des autres on voyoit faire des quadrilles et des parties et crier à la cour : Bourbon, Bourbon à part, Guise et Lorraine à part |
PAS | Il aimoit aussi fort l'exercice des chevaux et à les picquer ; et ceux qui alloient plus haut, c'estoient ses favoris, comme j'ay veu le moreau [cheval noir] superbe qui alloit à deux pas et un saut, et d'un très haut et bel air |
PAS | Il les mena [certains seigneurs qui se faisoient indépendants] si bien et si beau, qu'il les reduisit au petit pas [au petit pied] |
PATENÔTRE | On disoit qu'il se falloit garder des patenostres de M. le connestable [de Montmorency] ; car, en les disant ou marmotant, lorsque les occasions se presentoient, il disoit : allez-moy prendre un tel, attachez celui-là à un arbre, faites passer celui-là par les piques ou les harquebuses tout devant moy.... |
PATIENTER | Laissez faire, compagnons, patientez un peu |
PÂTIR | Si bien que, sans ses grands services, il en eust paty ; tant ce roy estoit grand observateur de la justice |
PENDARD, ARDE | Habillez plus à la pendarde, comme l'on disoit de ce temps, qu'à la propreté |
PÈRE | Bienheureux est le fils de qui l'ame du pere est damnée ; qui est une vieille maxime, que l'on ne se peut jamais tant tout à coup enrichir que l'on ne se donne au diable |
PIAFFEUR, EUSE | Il [Cosseins] commandoit de bonne façon.... aussi disoit-on piaffe de Cosseins.... c'estoiten tout qu'il estoit piaffeur, en gestes et en faits et en paroles |
PIERRE | Il est fort aisé à faire des expeditions et des grands miracles de guerre avec de grandes armées où rien ne manque et où il y a tout à souhait ; mais de faire de pierre pain comme on dit, ainsi que fit Dragut, c'est là où est la peine |
PIÉTON, ONNE | Le dit Monstrelet appelle les dits soldats pietons, comme aussi M. du Bellay en son livre de l'art militaire |
PILLARD, ARDE | Il y avoit quatre cens lances et deux mille pillards [soldats] ; voilà un plaisant nom pour nos gens de pied, lequel est aujourd'hui fort propre à aucuns, voire plus que celuy de soldats |
PINDARISEUR | Pindariseurs de mots [ceux qui font des mots nouveaux] |
PIQUE | Plusieurs gendarmes quitterent la lance pour prendre la pique avec lui [Bayard levant une compagnie d'infanterie] |
PISTOLET | Nous voyons aujourd'hui en la France plus de doublons, qu'il n'y avoit il y a cinquante ans de petits pistolets |
PLATINE | Il y avoit aussi force platines et saumons d'argent à battre monnoyes |
PLÂTRER | La reyne les sceut si bien mener et plastrer, qu'ils se sentirent encore très heureux de ce petit morceau |
PLUME | Tous deux mettent la plume au vent, comme bons freres jurez de ne s'abandonner jamais et vivre et mourir ensemble, vont brusquer fortune |
PLUMER | Les Espagnols n'eussent jamais peu croire que le huguenot fust allé plumer la poulle en leur pays |
POIS | Se vantent et piaffent comme roys des poix pillez aux jeux et farces de jadis faites en l'hostel de Bourgogne à Paris |
POLTRONNEMENT | En le refusant poltronnement [le combat] |
POMME | Ce grand capitaine se resolut à la fin de mordre à la pomme de ceste ligue |
PORTEREAU | Le duc de Ferrare se sauva de Rome par le petit portereau de St-Jean de Latran |
POSTIQUERIE | Natretez, postiqueries, champesteries, galanteries et friponneries |
PRÊCHE | Il permit que les protestants feissent comme ils avoient faict, et leur laissa leurs presches et prescheurs |
PRESTESSE | Les Suisses que le pape Jules II avoit envoyé querir à son secours avec une prestesse incroyable |
PRÉVÔT | Et peu souvent lui ai-je veu [à Strozze] commander à son prevost de rigoureuses justices |
PRIME | J'ay ouy dire que le plus grand sujet que le roy [d'Espagne] prit de l'aimer [Ruy Gomez] fut qu en jouant un jour en Flandres à la prime avec deux autres, un grand reste y allant du tout, qui montoit à vingt mille escus ; ce roy d'Espagne, allant d'affection à la prime, la vint à rencontrer, dont il fut très aise ; car qui que ce soit, et mesme un grand seigneur et liberal, est avare au jeu ; soudain s'escriant qu'il avoit prime, Ruy Gomez avoit cinquante cinq. le quel, pour n'empescher la joye que le roy son maistre avoit d'avoir rencontré prime, en monstrant son jeu au tiers et au quart, il jette ses cartes, et les mesle parmy les autres, disant seulement : je le quitte |
PRINCIPE | Or estant M. de Chastillon colonnel, pour son principe [son début] il fut devant Boulogne |
PROSOPOPÉE | Si avoit il si belle façon à tenir ainsi sa réputation et sa prosopopée, comme l'on dit, que plusieurs ne s'en mescontentoient point |
QUILLE | Et autant de petits princes et potentats qui s'y feussent voulu opposer, il en eust autant abattu comme de quilles |
RABROUEUR | [Seigneur] qui estoit un grand rabroueur, et savoit aussi bien braver et rabrouer |
RAMINAGROBIS ou ROMINAGROBIS | Cela tenoit plus d'un grand satrape, d'un soudan, lesquels s'estudient trop à tenir leur gravité et reputation, et à faire des raminagrobis de guerre.... |
RÉBUS | Ceux de la ville d'Arras en Artois ont esté de grands causeurs de tout temps, et font des rencontres qu'on appelle des rebus d'Arras |
REFAIT | On avoit bien veu refaire et recommencer des parties, que ceux qui en demandoient le refait, les perdoient le plus souvent |
RÉGIMENT | Pour dire un regiment, ils disent un regime ; dont il me semble que j'ay parlé d'un regime ordonné de M. Aquaquia ou M. Fernel, grands medecins |
REÎTRE ou RÊTRE | À ceste bataille le comte Vulfenfort avoit amené à l'empereur deux mille pistoliers qu'on appeloit reistres, et s'estoit vanté ledit comte et promis à l'empereur, qu'avec ses gens il passeroit par-dessus le ventre à toute la gendarmerie et cavalerie de France |
REPENTANCE | Quitta toutes ses bombances et pompes, pour espouser une repentance tranquille, saincte et religieuse |
RÉTABLISSEUR | À nostre seigneur empereur Charles.... restablisseur de plusieurs princes |
RETRAITE | Retraitte de loup, tournant tousjours le visage |
RÉVERENCIER | L'alloient en toute humilité reverencier, voir et admirer ses valeurs et vertus |
REVERS | Il jouoit très bien à la paulme ; aussi disoit on les revers de M. de Nemours |
REVIRER | Deux mois après on vit bien un autre revire marion [un coup sur la joue] de fortune |
RIEN | Il emporta en un rien le pris d'estre un très bon capitaine |
ROUGE | Ce fut un grand exploit et un grand heur de guerre ; dont ils en vinrent si rouges et si insolens, qu'ils mesprisoient toutes nations et pensoient battre tout le monde |
RURAL, ALE | J'ay veu des courtisans les endurer [les fatigues de la guerre] aussi bien, ou mieux supporter que les plus robustes rurals soldats de l'armée |
RUSTRE | D'autres les ont appelez rustres [certains soldats], ainsi que nous lisons dans le roman de M. de Bayard, que M. de Bayard dit à ses rustres, appellans ainsi ceux auxquels il commandoit |
SAUGRENU, UE | Où diable avoit-il trouvé celui là [jurement] et autres que je nommerois plus saugreneux que ceux-là ? |
SAUT | Jamais nul ne luy put tenir pied [au roi Henri II] que feu M. de Bonnivet, et principalement au plein saut ; car c'estoit toujours vingt trois ou vingt quatre grands pieds ou semelles ; mais c'estoit à franchir un grand fossé plein d'eau où il se plaisoit le plus |
SECOURS | Estant aussi tost arrivé en France si bien à point, et non en secours de Pise, comme l'on dit [secours de Pise, secours qui arrive trop tard] |
SERMENT | Les serments des quatre roys : Quant la pasque Dieu deceda [Louis XI], Par le jour Dieu luy succeda [Charles VIII], Le diable m'emporte s'en tint près [Louis XII] ; Foy de gentilhomme vint après [François Ier] |
SERPENT | Quand elle sceut sa mort [du duc d'Orléans fils de François Ier], elle sceut en mesme temps celle de son mary, qui luy aida à celer et cacher tellement le regret qu'elle portoit de son prince, que plusieurs qui n'en sçavoient le serpent desous l'herbe, attribuoient du tout ce grand dueil pour le mary |
SINGE | Espagnols, qui sont soubsçonneux comme singes de cour parmy les pages |
SINISTREMENT | Ce qui a donné occasion à aucuns de parler sinistrement de sa mort |
SOBRIQUET | Et voilà les sobriquets [propos railleurs] que ces soldats romains donnoient à leur empereur [J. César], qui ne s'en soucioit point |
SOLDAT | Depuis tous ces noms se sont perdus et se sont convertis au beau nom de soldat, à cause de la solde qu'ils tirent ; les Espagnols et Italiens nous les ont mis en usage, encore que quelquefois les Italiens les appellent fantassins ; mais l'Espagnol use toujours de ce mot soldados, qui est le plus beau nom qu'on peut imposer aux gens de pied, et n'en déplaise aux Latins avec leurs mots milites et pedites qui sont fort sots et laids auprès de celuy de soldats |
SOUPÇONNEUX, EUSE | Soupeçonneux comme singes de cour parmi des pages |
SYMBOLE | Ces trois firent là un symbole [conspiration], et y taillerent bien de la besogne que l'on a bien sceu depuis et veu éclore |
TABOURET | Tabouret d'honneur [tabouret où une femme de la cour était assise] |
TAMBOURINEUR | Lieux estrangers que j'ay cent fois plus aimé pour sejour que celui de ma patrie, estant du naturel des tabourineurs, qui aiment mieux la maison d'autruy que la leur |
TAPIR (SE) | Il se vouloit taper, afin que les autres qui le poursuivoient ne le peussent voir |
TAPIS | Nostre roi Charles, qui avoit tant de debtes, et qui devoit à Dieu et au monde, estoit au tapis et au saffran sans ceste bonne guerre |
TÂTER | Quand deux grandz capitaines comme ces deux là se sont tastez une fois en tels hazards.... |
TENTER | Il fut si outrecuidé, ou, pour mieux dire, si tenté du vin, ainsy qu'il le confessa |
TESTON | Nous voyons aujourd'hui en la France plus de doublons qu'il n'y avoit il y a cinquante ans de petits pistolets, comme j'ay veu pareillement plus de testons que de douzains |
TÊTE | Teste Dieu pleine de reliques [jurement] |
TIRER | Il [Charles IX] prist une grande harquebuze de chasse qu'il avoit, et en tira tout plein de coups à eux [aux protestants], mais en vain, car l'harquebuze ne tiroit si loin |
TIREUR, EUSE | Coupeurs de bourse et tireurs de laine |
TONNELER | Ceux qui en eschaperent [de la Saint-Barthélemy] en blasmerent mondit sieur de Biron, et luy en donnerent toute la coulpe, disant qu'il les estoit allé tous amadouer et appaster pour les mener tous au marché de la boucherie ; et pour ce commencerent à debagouler contre luy ; les uns l'appeloient tonneleur, parce que, comme fait un tonneleur avec sa tonnelle aux perdrix, il les avoit tous avec sa parole tonnelez et amassez pour les faire tous mourir.... |
TRAFIQUEUR | Ce fut luy [Perrez] qui le premier fut mediateur et traffiqueur des amours d'entre ladicte princesse de Deboly et le roy [Philippe II] |
TRANSMIGRATION | Ils avoient si bien ensemble concerté cette transmigration du roi [François Ier, pris à Pavie] à Naples.... |
TRICHER | C'est Charles V, dit Charles d'Autriche, que les anciens François de son temps brocardans appelloient Charles qui triche, faisant allusion sur Austriche qui triche, autant à dire qui trompe |
TRIOMPHAL, ALE | Rome, ceste ville la plus triomphalle des cinq parties du monde |
TUEUR | Le sieur de Montravel, qui avoit tué auparavant le sieur de Mouy son maistre, qu'on appelloit le tueur du roy, ou le tueur aux gages du roy |
VAUTRER | Faire eriger ce tombeau superbe de marbre à ses pauvres os [de Lautrec], qui trainoient et vautroient miserablement et chestivement en une cave où ses gens l'avoient enterré sans aucune forme de pompe funebre |
VENDANGER | Si M. le marquis et le duc de Florence fussent esté aussi cruels.... tous les Siennois estoient vendangez [passés au fil de l'épée], ou bien fricassez |
VENT | Non pas qu'il s'en vantast trop ; car il estoit très sobre en vanterie, et avoit tousjours plus d'effets que de vent |
VENT | Lequel reproche, possible, fut cause de faire sortir l'empereur de ses Espagnes et monts Pyrenées, pour prendre le vent [se mettre en campagne] et charger les armes |
VENUE | Novarre, où son armée eut cette grande venue [défaite] sous la conduitte de M. de la Trimouille |
VENUE | Aussi ay je ouy dire à un grand personnage qu'il se faut donner de garde d'un bouffon, d'un sot, d'un fol, d'un ivrogne et d'une putain ; car, quoy qu'ils tardent, ils donnent tousjours la venue [jouent quelque mauvais tour] |
VER | Qu'il y avoit fort bien presté l'oreille, pour en tirer les vers du nez et en tirer les secrets |
VÉRONIQUE | Véronique était devenu synonyme de portrait : Et disoit qu'il [Charles VIII] avoit le visage beau, doux et agreable, et l'accomparoit à un gentilhomme près de nostre maison, et disoit que c'estoit sa vraye semblance, en l'appellant souvent par ce mesme mot la veronique du petit roy Charles VIII |
VERSER | Voilà comme la fortune verse ses tours, à celle heure pour les uns, à celle heure pour les autres, à celle heure Calais perdu pour nous, à celle heure gagné |
VEUF, VEUVE | L'empereui [Charles-Quint], par cette conversion, fit tort à sa reputation, et à ses terres, et à ses serviteurs qui demeurerent ainsy veufs d'un si bon maistre |
VIDURE | S'aydoient de belles arquebuses et fournimens de Milan, dedaignant ceux qui se faisoient ailleurs, disant qu'au lieu de France jamais ouvrier n'avoit peu atteindre à la perfection de faire bien un fourniment à sa vuideure ny à sa charge comme à Milan |
VIEIL ou VIEUX, VIEILLE | Monsieur d'Acier, jeune gentilhomme de cette grande maison d'Acier et Cursol, mais pourtant vieux capitaine et soldat |
VOGUE | Charles-Quint se servoit principalement de Flamans et Bourguignons qui avoient la vogue |
VOLTE | Après ce premier [assaut], les plus foibles [galères] se decramponnerent, et, reprenant la volte jusques au second assaut.... |
ZAGAIE | [Cesar Borgia] fut tué d'une zagaye par ses ennemis sortans d'une embuscade, non sans avoir bravement combattu |
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