Définition de AUTREMENT

DÉFINITIONS - REMARQUE - HISTORIQUE - ÉTYMOLOGIE -

Prononciation : ô-tre-man

DÉFINITIONS

1
D'une autre façon. Je pense autrement. Il en est bien autrement. Il écrit autrement qu'il ne parle. Les choses allèrent autrement qu'on ne croyait.
Puis-je autrement marcher que ne fait ma famille ? Veut-on que j'aille droit quand on y va tortu ?
Incapable de s'imaginer que les grands pensent autrement de sa personne qu'il fait lui-même
Et qu'à nos yeux Camille agit bien autrement
Je ne sais point répondre autrement pour un roi à qui dessus son trône on veut faire la loi
Je vous dirais, seigneur (car ce n'est plus à moi à nommer autrement et mon juge et mon roi)
Tout autrement, d'une façon toute différente. Il agit tout autrement que vous.
2
Sinon, sans quoi.
S'il en est ainsi, tout ira de soi-même ; autrement, que d'embarras ! Proportionnez vos voeux à vos mérites, Autrement, au mépris et du trône et du jour, Dans votre infâme sang j'éteindrai votre amour
Autrement vos États à ce prince livrés Ne seront en ses mains qu'autant que vous vivrez
3
Ne.... pas autrement ; Sans.... autrement ; peu, pas beaucoup. Je ne m'en inquiète pas autrement. Les oracles ne m'effrayent pas autrement.
Notre fumeur ne fut pas autrement ému de cette apparition
J'exterminerais de tout mon pouvoir ce pouvoir prochain qui fait tant de bruit pour rien et sans savoir autrement ce qu'il demande
de Blaise PASCAL dans Rép. aux deux premières lett. prov.
Ce n'est pas que nous ayons autrement l'intention de nous en servir, mais c'est qu'en effet nous pensons qu'il sera utile que le monde en soit bien informé
Sans se contraindre autrement dans leurs passions
de Esprit FLÉCHIER dans I, 19
Tout autrement, beaucoup plus.
On ne peut nier que cette méthode de traiter la dévotion n'agrée tout autrement au monde que celle dont on se servait avant nous

REMARQUE

1
Après autrement, on met le ne explétif : il agit autrement qu'il ne parle. Cependant quelques écrivains l'ont omis.

HISTORIQUE

1
XIe s.
Car altrement ne m'amerat il mie
dans Ch. de Rol. XXXVI
2
XIIe s.
Oïl, par Dieu, ne puet estre autrement
dans Couci, XXII
[Je] Ne me vueil autrement de leur mez [repas] deviser
dans Sax. XII
3
XIIIe s.
Cent fois le jour [je] vous regart [regarde] en pensant ; Je n'ai pouvoir qu'autrement [je] le vous die
de LE ROI JEAN DE BRIENNE dans Romancero, p. 142
Puis la ferma [fortifia] dus [le duc] Naymes autrement Qu'ele n'estoit
dans Berte, IX
Autrement ne voi pas que eschaper puissons
dans ib. LXXVII
[Si je vous avais connu] Autrement honorés en ma maison fussiez
dans ib. CXX
4
XVe s.
Il me suffit, dit Ernauton, puisqu'il ne peut autrement estre
Estre souloit tout autrement, Ou temps qu'ay congneu en ma vie
de Charles D'ORLÉANS dans Bal. 52
Ha ! vaillant chevalier, il va tout autrement
dans Bouciq. IV, ch. 13
5
XVIe s.
Toutefois l'ame n'a jamais perdu sa vie, laquelle, estant recommandée au Pere, ne pouvoit autrement qu'elle ne fust sauvée
de Jean CALVIN dans 51
Dieu lui a fait merci, en adoucissant à humanité les coeurs des peuples autrement cruels
Les ceremonies ne sont point autrement exercices de pieté, sinon qu'elles conduisent le peuple comme par la main à Jesus Christ
de Jean CALVIN dans ib. 967
Il retenoit neantmoins tousjours le naturel de son regard et de son visage qui estoit plus effroyable et terrible qu'autrement [que toute autre chose]
de Jacques AMYOT dans Marius, 76

ÉTYMOLOGIE

1
Autre, et le suffixe ment ; provenç. autrament ; ital. altramente.

Synonymes de AUTREMENT

Termes proches de AUTREMENT