Définition de DOMINER

DÉFINITIONS - REMARQUE - HISTORIQUE - ÉTYMOLOGIE -

Prononciation : do-mi-né

DÉFINITIONS

1
Exercer la domination. Cette puissance domine sur les mers.
Les Francs n'admettent point de femme à dominer
Les hommes veulent être esclaves quelque part et puiser là de quoi dominer ailleurs
de Jean de LA BRUYÈRE dans VIII
L'Arabe impérieux domine en Italié
Le czar partageait avec Charles XII la gloire de dominer en Pologne
Mais on veut dominer aussitôt qu'on est libre
de SAURIN dans Spartac. V, 5
Dominer sur.
Un gueux a un chien pour avoir un être sur qui dominer
de SAINT-FOIX dans Ess. Paris, Oeuvres, t. IV, p. 173, dans POUGENS
Le hardi Soliman insolemment domine Sur les fertiles champs couronnés par l'Etna
Le Francais domine sur toutes les régions, pour ce qui est d'agrément ou de magnificence, et son art de plaire est un des secrets de sa fortune et de sa puissance
2
Avoir la prépondérance, prévaloir. Il domine au conseil, dans la compagnie.
De la même main dont ce grand homme [Richelieu] sapait les fondements de la monarchie d'Espagne, il a daigné jeter ceux de votre établissement, et confier à vos soins la pureté d'une langue qu'il voulait faire entendre et dominer par toute l'Europe
de Pierre CORNEILLE dans Disc. de récept. à l'Acad.
Dieu ne veut pas d'un coeur où le monde domine
Prince, que voulez-vous d'un coeur préoccupé Sur qui domine encor l'ingrat qui l'a trompé ?
Dominer sur la nature
de Blaise PASCAL dans dans COUSIN
En laissant dominer les sens
Deux sortes de gens fleurissent dans les cours, et y dominent dans divers temps, les libertins et les hypocrites
de Jean de LA BRUYÈRE dans XVI
Je ne sais quoi qui la met [l'âme] au-dessus des craintes, des espérances, de la réputation et des opprobres et de tout ce qui domine sur la conduite du reste des hommes
de Jean-Baptiste MASSILLON dans Confér. Fuite.
Vos lois laissent tout à l'aîné et rien aux cadets, c'est l'intérêt qui a dicté cette loi bizarre ; apparemment les aînés l'ont faite, ou les pères ont voulu que les aînés dominassent
3
Être le plus apparent, avoir le plus de force, en parlant des choses. Cette figure domine dans le tableau.
Pour moi j'aime surtout que le poivre domine
Cette humilité profonde qui domine si fort dans son caractère
de Jean-Baptiste MASSILLON dans St Franc.
4
Dépasser en hauteur ce qui environne. Sa tête domine au-dessus de la foule.
Notebourg était une place très forte, bâtie dans une île du lac Ladoga, et qui, dominant sur ce lac, rendait son possesseur maître du cours de la Neva
5
Nature : v. a. Tenir en domination, maîtriser.
Les ambitieux n'ont aucun moyen de se distinguer ni par leur naissance, ni par leur grandeur, ni par leur esprit, puisque la mort, qui égale tout, les domine de tout côté avec tant d'empire, et que, d'une main si prompte et si souveraine, elle renverse les têtes les plus respectées
Vous dominerez sur plusieurs nations, et nul ne vous dominera
de Isaac Louis Lemaistre de SACY dans Bible, Deutéron. XV, 16
Il se dit des choses qui prennent de l'empire.
Je ne veux point que la mauvaise honte et la timidité dominent votre coeur
La mode domine les provinciales ; mais les Parisiennes dominent la mode et la savent plier chacune à son avantage
Les plus grandes contradictions que le czar éprouva quand il voulut créer un empire et former des hommes, vinrent de sa femme ; elle était dominée par la superstition, si souvent attachée à son sexe
6
Avoir, par sa hauteur, une sorte de domination sur l'espace environnant. Une hauteur qui domine le cours de la rivière.
Ce Grec dont l'oeil au loin observe nuit et jour L'horizon de nos mers que domine la tour
de LEMERC. dans Agamemn. I, 4
7
Se dominer, Nature : v. réfl. Se commander à soi-même. En cette pénible circonstance il sut se dominer.

REMARQUE

1
Pascal a dit dominer à, pour dominer sur :
Qui eût dit à vos généraux [des jésuites] qu'un temps était proche où ils domineraient en moeurs à l'Eglise universelle ?
de Blaise PASCAL dans dans COUSIN.

HISTORIQUE

1
XVIe s.
Si c'est promesse, où en est l'accomplissement, veu que Cain a esté veincu de peché, auquel il devoit dominer ?
Pour monstrer la grande convoitise d'avoir qui dominoit en luy, on allegue deux principaux argumens
de Jacques AMYOT dans Crass. 2
Sans cette hemoragie il n'auroit pu se morigener à cause du sang bouillant qui le dominoit naturellement
La Tartarie est dominée par le Cham
de Théodore Agrippa D'AUBIGNÉ dans Illst. I, 42

ÉTYMOLOGIE

1
Lat. dominari, dominer, de dominus seigneur (voy. DOM).

Synonymes de DOMINER

Termes proches de DOMINER