Définition de TRIBUT
Prononciation : tri-bu ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel, l's se lie : des tri-bu-z onéreux
DÉFINITIONS
1
Ce qu'un État paye ou fournit à un autre État pour marque de dépendance.Après divers avis on résout, on conclut D'envoyer hommage et tribut [à Alexandre]
de Jean de LA FONTAINE dans Fabl. IV, 12
Carthage fut obligée à payer tribut
de Jacques-Bénigne BOSSUET dans Hist. I, 8
Affranchir l'Espagne de l'infâme tribut de cent filles que son oncle Mauregat avait accordé aux Maures
de Jacques-Bénigne BOSSUET dans Hist. I, 11
Pompée.... content du tribut qu'il leur imposa.... leur laissa leur prince [aux Juifs] avec toute la juridiction
de Jacques-Bénigne BOSSUET dans Hist. II, 10
La guerre contre les Saxons avait commencé pour un tribut de trois cents chevaux et quelques vaches que Pepin avait exigé d'eux ; et cette guerre dura trente années
Le souverain de la Perse osa demander un tribut au vainqueur ; Albuquerque fit apporter, devant l'envoyé, des boulets, des grenades et des sabres : voilà, leur dit-il, la monnaie des tributs que paye le roi de Portugal
Enfants de tribut, les enfants que le Grand Seigneur lève en certains pays par forme de tribut sur les chrétiens qui sont ses sujets.
2
Impôt que lèvent les gouvernements.Ils [les sénateurs, à Rome] déchargèrent le menu peuple de tout impôt, ajoutant que les pauvres payaient un assez grand tribut à la république, en nourrissant leurs enfants
de Jacques-Bénigne BOSSUET dans Hist. III, 6
Lorsqu'il fut question de payer le tribut à César
de Jean-Baptiste MASSILLON dans Carême, Aumône.
Les tributs doivent être si faciles à percevoir et si clairement établis, qu'ils ne puissent être augmentés ni diminués par ceux qui les lèvent
Il n'y a point d'État où l'on ait plus besoin de tributs que dans ceux qui s'affaiblissent
3
Sémantique : Fig. Ce qu'on est obligé d'accorder, de souffrir, de faire.L'estime et le respect sont de justes tributs Qu'aux plus fiers ennemis arrachent les vertus
de Pierre CORNEILLE dans Sertor. III, 2
Ni l'or ni la grandeur ne nous rendent heureux.... Des soucis dévorants c'est l'éternel asile.... L'humble toit est exempt d'un tribut si funeste
de Jean de LA FONTAINE dans Phil. et Bauc.
Tout le monde en ce pays a eu des rhumatismes, ou des fluxions sur la poitrine, choisissez.... ainsi il fallait bien payer le tribut d'une façon ou d'une autre
de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de SÉVIGNÉ dans 247
Elle [Mme de Luynes] avait payé le tribut de l'humanité l'année passée par une grande maladie, et la voilà morte un an après
de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de SÉVIGNÉ dans 5 nov. 1684
Quel qu'il soit, il paiera son tribut aux douleurs
de Jacques DELILLE dans Imag. III
À son penchant toujours il faut payer tribut
de Jean-François COLLIN D'HARLEVILLE dans Vieill. et jeun. gens, II, 12
Payer le tribut à la mer, se dit d'un homme qui, embarqué pour la première fois, a le mal de mer.
Payer le tribut à la nature, mourir.
C'est une loi de la nature, que ce qui est mortel doit le tribut à la mort
4
Dans le langage de la galanterie, hommage amoureux.Le plus parfait objet dont je serais charmé N'aurait point mes tributs, n'en étant point aimé
Son mari [de Mme de Vins] a donc payé le tribut aux yeux de Mme D*** ; vous lui apprendrez comme il faut en être jalouse
de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de SÉVIGNÉ dans 30 juin 1680
Peut-être sans colère Alliez-vous de mon coeur recevoir le tribut
de Jean RACINE dans Bérén. I, 4
5
Rétribution.Je sais qu'un noble esprit peut sans honte et sans crime Tirer de son travail un tribut légitime
de Nicolas BOILEAU-DESPRÉAUX dans Art p. IV
Et nos voisins frustrés de ces tributs serviles Que payait à leur art le luxe de nos villes [il s'agit de l'établissement des manufactures sous Louis XIV]
de Nicolas BOILEAU-DESPRÉAUX dans Épît. I
6
Sémantique : Fig. et poétiquement. Les fleuves portent à la mer le tribut de leurs ondes, ils s'y jettent.REMARQUE
1
Il ne faut pas confondre payer tribut et payer le tribut. Payer tribut, c'est être tributaire. Payer le tribut, c'est acquitter l'imposition fixée.HISTORIQUE
1
XIe s.E le treüd d'Espagne la grant tere
dans Ch. de Rol. LII
2
XIIe s.E rechut de ces citez David, cume sires, servises e truud
dans Rois, p. 146
3
XIIIe s.Il me retenoient le treü Que trestuit homme m'ont deü
dans la Rose, 19531
4
XVe s.Si nous avions jà jusques à mille lances, nous ferions un si grand treü en Angleterre qu'il y parroit [paraîtrait] quarante ans à venir
de Jean FROISSART dans II, II, 220
Jà estoit venu Bouciquaut en l'age et au temps que amour naturellement a coustume de prendre le treü et la paye de tous jeunes nobles courages
dans Bouciq. I, 7
5
XVIe s.Il n'imposera peage ou treu, sinon du consentement des electeurs
de SLEIDAN dans f° 17
Tributs et impositions faites sur le peuple
ÉTYMOLOGIE
1
Prov. trabug, trabus, trahut, traut, treu, et aussi tribut, trebut ; esp. et ital. tributo ; du lat. tributum, de tribuere, distribuer, qui vient de tribus, tribu, et signifie répartir par tribu.SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
1
TRIBUT. - Ajoutez : L'e de treü, qui est l'ancienne forme, se trouve dès le VIe siècle : trebuetur, dans MONE, Mess. III, 20, 13.Synonymes de TRIBUT
- ADORATION
- APPORT
- CENS
- CHARGE
- CONTRIBUTION
- CULTE
- DÎME
- FISC
- GABELLE
- HOMMAGE
- IMPOSITION
- IMPÔT
- OCTROI
- PARTICIPATION
- PIÉTÉ
- PRESTATION
- PUNITION
- RÉCOMPENSE
- REDEVANCE
- TAILLE
- TAXE
- TÉMOIGNAGE
- VÉNÉRATION