Définition de MUSE

DÉFINITIONS - ÉTYMOLOGIE -

Prononciation : mu-z'

DÉFINITIONS

1
Chacune des neuf déesses qui présidaient, suivant les anciens, aux arts libéraux (on met une majuscule). Clio, Muse de l'histoire ; Calliope, Muse de l'éloquence et de la poésie héroïque ; Melpomène, Muse de la tragédie ; Thalie, Muse de la comédie ; Euterpe, Muse de la musique ; Érato, Muse de la poésie amoureuse ; Terpsichore, Muse de la danse ; Polymnie, Muse de la poésie lyrique ; Uranie, Muse de l'astronomie.
Muse, redis-moi donc quelle ardeur de vengeance De ces hommes sacrés rompit l'intelligence
Le loisir fut certainement le père des Muses, les affaires en sont les ennemis, et l'embarras les tue
Ô Muses, accourez, solitaires divines, Amantes des ruisseaux, des grottes, des collines
de André CHÉNIER dans ib. XI
Ah ! je les reconnais, et mon coeur se réveille ; Ô sons, ô douces voix chères à mon oreille, ô mes Muses, c'est vous ; vous, mon premier amour, Vous qui m'avez aimé dès que j'ai vu le jour
de André CHÉNIER dans ib. IV
On a appris par l'examen des Muses dont nous avons les statues, et de celles qui se trouvent sur les médailles et dans des bas-reliefs, que les sculpteurs anciens les ont ordinairement représentées vêtues et la gorge couverte
de MONGEZ dans Instit. Mém. litt. et beaux-arts, t. V, p. 156
Dixième Muse, se dit, par flatterie ou par admiration, de toute femme qui cultive la poésie avec succès. Les anciens ont dit que Sapho était une dixième Muse. Les modernes ont appliqué ce nom à diverses femmes.
Voltaire a nommé dixième Muse la critique.
Nous eûmes longtemps neuf Muses ; la saine critique est la dixième qui est venue bien tard ; elle n'existait point du temps de Cécrops, du premier Bacchus, de Sanchoniaton, de Thaut, de Brama
Sémantique : Fig. Les nourrissons, les favoris, les amants des Muses, les poëtes.
2
Sémantique : Fig. Les belles-lettres, et, particulièrement, la poésie (dans ce sens et dans tous les suivants on met une minuscule). Cultiver les muses.
Motin, la muse est morte, ou la faveur pour elle ; En vain dessus Parnasse Apollon on appelle ; En vain par le veiller on acquiert du savoir, Si fortune s'en moque....
L'art de la poésie. Enfin Malherbe vint.. .
Et réduisit la muse aux règles du devoir
Les muses grecques, latines, françaises, etc. la poésie grecque, latine, etc.
Il est certain, et vous le savez aussi bien que moi, vous qui connaissez les bonnes choses, et qui les faites, qu'il n'y a point de muses si sévères que les françaises, ni de langue qui souffre moins le fard et l'apparence du bien que la nôtre
En ce sens, on le dit aussi au singulier. La muse latine. La muse française.
3
Nature : Absolument. L'inspiration poétique en général.
Il est de ceux à qui la muse accorde aisément ses faveurs
dans Dict. de l'Académie
4
Particulièrement, le génie de chaque poëte, le caractère de sa poésie.
Le mal est qu'en rimant ma muse un peu légère Nomme tout par son nom et ne saurait rien taire
de Nicolas BOILEAU-DESPRÉAUX dans Disc. au roi.
Ce n'est pas quelquefois qu'une muse un peu fine Sur un mot en passant ne joue et ne badine, Et d'un sens détourné n'abuse avec succès
Je hais ces vains auteurs dont la muse forcée M'entretient de ses feux, toujours froide et glacée
Mais tout ce beau discours dont il vient vous flatter N'est rien qu'un piége adroit pour vous les réciter [ses vers] ; Aussitôt il vous quitte, et, content de sa muse, S'en va chercher ailleurs quelque fat qu'il abuse
Ma muse en l'attaquant, charitable et discrète, Sait de l'homme d'honneur distinguer le poëte
Mais sa muse [de Ronsard] en français parlant grec et latin
Damon, ce grand auteur, dont la muse fertile Amusa si longtemps et la cour et la ville
Dût ma muse par là choquer tout l'univers, Riche, gueux, triste ou gai, je veux faire des vers
de Nicolas BOILEAU-DESPRÉAUX dans ib. VII
J'ai pris pour passagère La muse des chansons
de Pierre Jean de BÉRANGER dans Nacelle.
Jouy déjà gronde ma muse, Dont il soutint les premiers pas
de Pierre Jean de BÉRANGER dans Cord.
Quittez la lyre, ô ma muse, Et déchiffrez ce mandat ; Vous voyez qu'on vous accuse De plusieurs crimes d'État
de Pierre Jean de BÉRANGER dans Muse.
Oh ! la muse se doit aux peuples sans défense
Oh ! muse, contiens-toi ! muse aux hymnes d'airain, Muse de la loi juste et du droit souverain, Toi dont la bouche abonde en mots trempés de flamme
Muse, sois donc sans crainte ; au souffle qui t'inspire Nous pouvons sans péril tous deux nous confier ; Il est doux de pleurer, il est doux de sourire Au souvenir des maux qu'on pourrait oublier
de Alfred DE MUSSET dans Nuit d'octobre.
Est-ce toi dont la voix m'appelle, Ô ma pauvre muse ! est-ce toi ? Ô ma fleur, ô mon immortelle, Seul être pudique et fidèle Où vive encor l'amour de moi
de Alfred DE MUSSET dans Nuit de mai.
5
Muse se prend quelquefois pour les poëtes, pour un poëte.
Dans la disette, une muse affamée Ne peut pas, dira-t-on, subsister de fumée
On vit avec horreur une muse effrénée Dormir chez un greffier la grasse matinée
6
La personne ou le sentiment qui inspire le poëte. L'indignation est sa muse.
La brillante marquise de la Sablière, la femme du monde qui a inspiré le plus de jolis vers, puisqu'elle était à la fois la muse de son mari, celle de la Fare son amant, et de la Fontaine son ami
de Stéphanie Félicité Ducrest de St-Albin, comtesse de GENLIS dans Mme de Mainten. t. I, p. 102, dans POUGENS
Camille, où tu n'es point, moi, je n'ai pas de muse

ÉTYMOLOGIE

1
Provenç. espagn. et ital. musa ; du lat. musa ; éol. Le terme grec est un participe présent, forme primitive du grec, penser, s'exalter, désirer ; Le grec est une forme éolique fréquente aux participes présents.

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