Définition de MOINDRE

DÉFINITIONS - HISTORIQUE - ÉTYMOLOGIE -

Prononciation : moin-dr'

DÉFINITIONS

1
Plus petit en étendue, en quantité, en qualité. Cette colonne moindre que l'autre en hauteur et en grosseur. La distance est moindre que je ne croyais. Ma douleur n'est pas moindre que la vôtre. Il tient un moindre rang que vous. Un moindre inconvénient.
Ce malheur semble moindre, et moins rudes ses coups
Si l'effet a manqué, ma gloire n'est pas moindre
Ce Romain, dont l'effroi peut-être n'est pas moindre
La reine pleine de foi ne se propose pas un moindre modèle que Marie
À de moindres faveurs des malheureux prétendent
Ma honte en serait moindre ainsi que votre crime
Rien de moindre, rien qui soit plus petit.
Les éloges brillants que vous daigniez y joindre Ne me permettaient pas d'espérer rien de moindre
2
Qui est de moindre mérite, de moindre rang, en parlant des personnes.
Ils étaient plus que rois, ils sont moindres qu'esclaves
Sans m'envoyer du Parthe embrasser les genoux, Sans vous-même implorer des rois moindres que vous
3
Qui n'est pas aussi bon. Ce vin-là est moindre que l'autre.
4
Moindre avec l'article défini le, la, les, ou un adjectif possessif, est un superlatif signifiant le moins considérable, le moins important, le plus petit.
Au moindre et premier bruit qu'eût fait votre malheur
Et ne savez-vous pas qu'il n'est princes ni rois Qu'elle [Rome] daigne égaler à ses moindres bourgeois ?
Jamais la moindre grâce, Ni le moindre regard, le moindre mot enfin Ne lui fut accordé par ce coeur inhumain
Elle [la princesse de Conti] veut être enterrée à sa paroisse, simplement comme la moindre femme
Qui vit jamais paraître en cette princesse ou le moindre sentiment d'orgueil, ou le moindre air de mépris ?
Il étend ses soins jusqu'aux moindres de ses domestiques
de ID. dans Louis de Bourbon
Voyez comme elle frappe cette poitrine innocente, comme elle se reproche les moindres péchés....
Elle savait de quel poids est non-seulement la moindre parole, mais le silence même des princes, et combien la médisance...
Et nos moindres guerriers Se promettent déjà des moissons de lauriers
Je n'en avais prévu que la moindre partie
On ne s'attendait guère que des vainqueurs daignassent payer ; ceux qui les apportèrent [des vivres] furent bien étonnés d'être payés généreusement et sans délai par les moindres soldats de l'armée
Qu'un ouvrage destiné à l'éducation d'un prince ait de la célébrité, le moindre gentilhomme le croit propre à l'éducation de son fils
de Charles Pinot, sieur DUCLOS dans Consid. moeurs, ch. 2
C'est le moindre de mes soucis, et, plus familièrement, c'est le cadet de mes soucis, je ne m'en soucie, ne m'en inquiète aucunement.
Sémantique : Familièrement, il se joint par une sorte d'exagération à petit. Au moindre petit bruit. Le moindre petit morceau de pain.
Sémantique : Terme d'algèbre. Méthode des moindres carrés, recherche du résultat le plus probable entre un certain nombre d'observations qui ont donné des résultats différents.
5
Avec l'article, et précédé d'une négation, il signifie aucun. Je n'en ai pas la moindre appréhension. Il ne lui a pas dit le moindre mot.
6
Les quatre moindres, les quatre ordres mineurs.
L'archevêque de Cambrai lui donna [à l'électeur de Cologne] en cinq jours de suite les quatre moindres, le sous-diaconat, le diaconat, le fit prêtre et le sacra évêque
7
Le moindre, la moindre, s'emploie substantivement pour dire la personne la moins considérable, de la dernière condition.
Et si la moindre tache en demeure à mon nom, Si le moindre du peuple en conserve un soupçon
Vous qui devez respect au moindre des Romains
Comme on attend un bien qu'on n'a pas mérité, Et dont, sans regarder service ni famille, Vous pouvez faire part au moindre de Castille
Et [Dieu] ne dédaigne pas de prendre la conduite Des moindres d'ici-bas
de RACAN dans Psaume CXXXVII
....Je m'aviserais sur le tard d'être cause Que la moindre de vous commît le moindre mal !
de Jean de LA FONTAINE dans Oies.
Tous les hommes, jusqu'aux moindres, veulent qu'on les flatte, et ne peuvent souffrir qu'on les reprenne
Le moindre d'entre nous, sans argent, sans appui, Eût plaidé le prélat et le chantre avec lui
Le moindre, ce qu'il y a de moindre.
La sagesse éternelle, qui fait servir le moindre au plus digne, si l'âme a besoin d'un corps pour vivre dans sa naturelle perfection, lui rendra plutôt le sien que de laisser défaillir son intelligence par ce manquement

HISTORIQUE

1
XIIIe s.
Il ne convient pas que la mendre abate la greigneur ; mais la greignor peut abatre la meneur
dans Digeste, f° 75
2
XIVe s.
Pupilles et menres d'ans [mineurs]
3
XVe s.
Et [François Acreman] partit ses gens en deux, et prit la mendre part pour faire moindre friente [bruit]
4
XVIe s.
S'en sa largesse il veut sa main estendre, Aimé sera tant du grand que du mendre
de Clément MAROT dans I, 153
Tant d'esprits dont le moindre Sçait mieux que toi, louer et poindre [peindre]
de Clément MAROT dans II, 200
C'est le moindre de mon soucy, Que cette sapience
de Clément MAROT dans IV, 157
La condition des bestes brutes ne seroit de rien moindre à la nostre, s'il ne nous restoit quelque espoir d'eternité après la mort
Les prestres de Rome ont esté, le temps passé, beaucoup moindres que les evesques, au lieu que maintenant ils les precedent de loin
de Jean CALVIN dans ib. 919
Le nid du moindre oyselet
de Michel de MONTAIGNE dans I, 235
Encor moindre je suis au compte de mes ans, Et desjà je suis vieux au compte de mes peines

ÉTYMOLOGIE

1
Wallon, moinr, mal portant ; messin, manre, mauvais ; provenç. mendre, menre ; du lat. minor, avec l'accent sur mi ; moindre, mendre, est le nominatif dont menor (mineur) est le régime (de minorem). Minor, forme comparative, se rattache à minuere, diminuer, en grec.

Synonymes de MOINDRE

Termes proches de MOINDRE