Définition de CONNAÎTRE

DÉFINITIONS - REMARQUE - HISTORIQUE - ÉTYMOLOGIE - SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE -

Prononciation : ko-nê-tr'

DÉFINITIONS

1
Savoir ce qu'est une personne ou une chose.
Le loup qui la connaît, malin et défiant
Si vous m'aviez connu, vous l'auriez su prévoir
Après qu'on eut bien contesté, Répliqué, crié, tempêté, Le juge, instruit de leur malice, Leur dit : Je vous connais de longtemps, mes amis
Elle confesse humblement que, de ce jour seulement, elle commence à connaître Dieu, n'appelant pas le connaître que de regarder encore tant soit peu le monde
Heureuse de connaître et d'aimer celui qui se connaît et s'aime éternellement [Dieu], l'âme a voulu, comme lui, faire elle-même sa félicité
.... Pour un enfant qu'ils ne connaissent pas
Nourri dans le sérail, j'en connais les détours
Ne connaissez-vous pas la voix de votre époux ?
Si, dès mes premiers ans, heurtant tous les mortels, L'encre a toujours pour moi coulé sur tes autels [de la chicane], Daigne encor me connaître en ma saison dernière
Je lui dirais bientôt : je connais tous vos pères, Je sais qu'ils ont brillé dans ce fameux combat Où sous l'un des Valois Enghien sauva l'État
Je ne le connais plus que pour votre assassin
Il devait me connaître, Il devait respecter un coeur tel que le mien
Un vieux conteur de voyage, Qui vous dit d'un air ingénu Ce qu'on n'a ni vu ni connu
Se faire connaître, dire son nom, dire qui on est.
Si le mari ne s'était fait connaître, Elle en allait enfiler encor plus
de Jean de LA FONTAINE dans Mari confess.
La première fois que je vis M. Rebours, je me fis connaître à lui.... je lui demandai permission de le revoir de temps en temps
Se faire connaître, appeler sur soi l'attention, montrer de quoi l'on est capable.
Mes pareils à deux fois ne se font point connaître Et pour leurs coups d'essai veulent des coups de maître
Se faire connaître, venir à la connaissance, en parlant des choses.
Mais si la vérité par toi se fait connaître
Ne vouloir pas être connu, garder l'incognito.
Sémantique : Familièrement. Ne connaître ni Dieu, ni diable, n'avoir point de religion.
Nature : Absolument.
Ô âme, vous connaissez et vous aimez, c'est là ce que vous avez de plus essentiel, et c'est par là que vous ressemblez à votre auteur, qui n'est que connaissance et qu'amour
2
Avoir des relations d'affaires ou de société avec quelqu'un. Connaissez-vous beaucoup de monde en cette ville ?
Sémantique : Familièrement. Je ne le connais ni d'Ève ni d'Adam, je ne le connais aucunement.
Je ne connais autre, c'est l'homme que je connais le plus.
Ne plus connaître quelqu'un, ne plus vouloir l'aborder ou en être abordé. Il ne me connaît plus depuis que je suis dans l'adversité.
Albe vous a nommé, je ne vous connais plus. - Je vous connais encore, et c'est ce qui me tue
3
Sémantique : Terme de l'Écriture. Connaître une femme, avoir avec elle un commerce charnel.
Joseph n'avait point connu Marie quand elle enfanta son fils premier-né
dans Nouveau Test. St Matthieu, ch. I
Nicoclès faisait gloire de n'avoir jamais connu d'autre femme que la sienne pendant tout le temps de son règne
Adam connut sa femme ève, qui conçut et enfanta Caïn
On dit aussi connaître charnellement.
4
Savoir, avoir appris, s'apercevoir. Je n'ai pas connu cet accident. Vous connaissez mon malheur, mes peines.
Surpris de cette réponse, je connus bien que....
J'ai connu que notre nature....
de Blaise PASCAL dans dans COUSIN
Ils connaissent que la gloire ne peut s'accorder qu'avec le mérite
Les pilotes connaissaient que l'île était inaccessible
Je connais que ces mages sont très utiles
5
Être devenu habile en. Il connaît les mathématiques, le grec, le latin. Il connaît toutes les ruses du métier. C'est un homme qui connaît bien la guerre. Je ne parle point de ce que je ne connais pas.
Racine, c'est-à-dire l'homme qui après Virgile, a le mieux connu l'art des vers
de François-Marie Arouet, dit VOLTAIRE dans Mariamne, préface.
Sémantique : Familièrement. C'est un homme qui ne connaît rien, c'est un ignorant, il est étranger à tout.
Nature : Absolument. S'instruire, s'éclairer. Le désir de connaître.
Sémantique : Terme de manége. Connaître les éperons, les jambes, la bride, etc. se dit d'un cheval qui comprend les divers mouvements de son cavalier.
6
Discerner. Connaître le bien et le mal. Il ne connaît pas sa main droite de sa main gauche.
À connaître un pourpoint d'avec un haut-de-chausse
Sémantique : Fig.
Le fer ne connaîtra ni le sexe ni l'âge
7
Distinguer, reconnaître. Il me connut à la voix. Je ne l'ai vu qu'une fois, mais je le connaîtrais entre mille. Le chien connaît bien son maître.
Si c'était lui-même, il pourrait me connaître
Nature : Absolument.
Votre enfant embellit ; elle rit, elle connaît
Sémantique : Fig. Je ne le connais plus, ce n'est plus le même homme.
Vous avez fait d'Idoménée le plus sage des rois, je ne le connais plus ni lui ni son peuple
Ami, depuis deux jours je ne la connais plus
8
Apprécier, juger.
Je vous connaissais mal
J'ai mal connu César....
Mon bras.... Ingrat, va me punir de t'avoir mal connu
J'ai mal connu les dieux ; j'ai mal connu les hommes, J'en attendais justice, ils la refusent tous
Connaître son monde, bien juger les gens à qui l'on a affaire.
9
Admettre. Ils ne connaissent de bonheur que dans la vertu.
Mais ici mon pouvoir ne connaît pas le sien
10
Ressentir, être sujet à. On ne connaît point l'hiver à la Martinique.
Au sortir du berceau, j'ai connu les revers
Antoine, tu le sais, ne connaît point l'envie
Les dieux qui vengent le parjure, Sont témoins si ma bouche a connu l'imposture
11
Se soumettre. L'Angleterre ne connaît point la loi salique. Une armée romaine ne connaissait que la discipline. Il connaîtra des supérieurs. Je ne connais de maître que vous.
Une liberté qui ne connaît aucune règle
de Jacques-Bénigne BOSSUET dans Pensées, 33
Il ne connaît plus rien, sa passion l'emporte. Quand il s'agit de ses intérêts, il ne connaît ni parents ni amis, il n'a pas plus de considération pour eux que s'ils lui étaient étrangers.
12
Ne connaître que, ne considérer que, tenir exclusivement à. Ne connaître que son devoir, que la règle. Ne connaître que ses intérêts. Je ne connais qu'une chose, c'est d'agir franchement.
Sémantique : Familièrement. Je ne connais que cela, c'est la seule chose à faire. Il faut que vous obéissiez, je ne connais que cela.
13
Nature : V. n. Sémantique : Terme de procédure. Connaître de, avoir caractère pour juger ou faire des actes d'instruction en certaines causes. Ce tribunal, ce juge connaît des matières civiles, criminelles.
Le roi voulut connaître de l'affaire
de Claude Favre de VAUGELAS dans Q. C. liv. X, dans RICHELET
Quelque bruit que fît le nonce d'abord, de ce qu'on ne prenait pas des ecclésiastiques pour connaître d'une matière ecclésiastique
Ils obtinrent un arrêt du conseil, qui défendit au parlement de connaître de cette affaire
de Blaise PASCAL dans ib.
Le préteur qui connaissait des crimes dont on l'accusait [Pison]
de PERROT dans Tac. 123
Sémantique : Par extension.
S'il s'agit enfin d'un point de fait, nous en croirons les sens, auxquels il appartient naturellement d'en connaître
L'autorité y est inutile ; la raison seule a lieu d'en connaître
de Blaise PASCAL dans Vide.
14
Se connaître, Nature : v. réfl. Savoir qui on est.
De tous trois ce désordre en un jour me fait naître Pour me faire mourir enfin sans me connaître
De grâce, dites-moi, vous connaissez-vous bien ?
Vos destins sont comblés, vous allez vous connaître
Sémantique : Fig.
.... Si jeune encor se connaît-il lui-même ? D'un regard enchanteur connaît-il le poison ?
15
Se connaître, avoir la connaissance de ce qu'on est, de ses penchants, de ses forces. Connais-toi toi-même.
Sous lui [Louis XIV] la France apprit à se connaître ; elle se trouve des forces que les siècles précédents ne savaient pas
Je crains de me connaître en l'état où je suis ; De tout ce que tu vois, tâche de ne rien croire ; Crois que je n'aime plus ; vante-moi ma victoire
Je ne me suis connu qu'au bout de ma carrière
Ce malade ne se connaît plus, il n'a plus sa connaissance.
Ne plus se connaître, être hors de soi, s'abandonner sans frein à son emportement.
Guide-moi, Dieu puissant, je ne me connais pas
Alors cette femme ne se connaît plus ; elle se répand en invectives, en menaces
Ne pas se connaître, méconnaître sa condition, élever trop haut ses visées.
Martian se connaîtrait si peu Que d'oser...
16
Se connaître, être de connaissance, être lié. Ils se connaissent l'un l'autre depuis longtemps.
Sémantique : Fig.
Adieu, monde fuyant, nature, humanité, Vaine forme de l'être, ombre d'un météore, Nous nous connaissons trop pour nous tromper encore
17
Se connaître à ou en, pouvoir bien juger d'une matière. Il se connaît en livres, en tableaux.
Je vois bien que je ne me connais guère en péché
Je ne me connais pas trop mal en amitié
... Je suis quelque peu du métier, à me devoir connaître en un pareil gibier
Jupiter qui sans doute en plaisirs se connaît
Ceux qui se connaissent en hommes
Les femmes se connaissent plus finement à bien faire les choses, parce que l'avantage de plaire leur est naturel
de LE CHEVALIER DE MÉRÉ dans dans RICHELET
La suite des paroles de M. Jurieu fera bien voir qu'il ne se connaît pas mieux en morale qu'en christianisme
Le héros [de la satire de Boileau sur la noblesse] était bien choisi et par sa naissance et par sa réputation de se connaître en vers, et par son inclination à favoriser le mérite
Moi, j'en crois ceux qui s'y connaissent, Les anciens préjugés renaissent
de Pierre Jean de BÉRANGER dans Vieux habits.
18
En parlant des choses, être jugé, apprécié. L'arbre se connaît à ses fruits.
Nature : Impersonnellement, il se connaît, on connaît, on voit.
Que sa façon est brave et sa mine assurée ! Qu'elle a fait richement son armure étoffer ! Et qu'il se connaît bien, à la voir si parée, Que tu vas triompher !
de François de MALHERBE dans II, 12

REMARQUE

1
Se connaître à, pour dire être habile dans, ne peut s'expliquer par connaître soi-même. C'est une locution qui a une autre explication ; connaître est ici verbe neutre, signifiant être habile, entendu, et le pronom réfléchi y est joint comme dans plusieurs verbes neutres. Voy. au mot APERCEVOIR, Remarque 1, où cela est expliqué. On trouve des exemples de se connaître à dès le XIIIe siècle.

HISTORIQUE

1
XIe s.
Si home occit altre et il seit conusaunt....
dans Lois de Guill. 8
N'est hom qui l'veit et conuistre le sait, Qui ce ne die
dans Ch. de Rol. XXXIX
Au fier visage [il] le connut veirement
dans ib. CXXIII
[Je] bien le conuis, gueredon [je] vous en dei
dans ib. CCXLVIII
L'un conuist l'autre as hautes voiz et claires
dans ib. CCLX
De vasselage te conoissent ti pair
dans ib. CCLXXXVI
2
XIIe s.
Bien conoisez quels est ses fier talens
dans Ronc. p. 35
Bien le conuit Rolant li niés [neveu] Charlon As garniments qu'il ot et au dragon
dans ib. p. 47
En tant estor as esté coneüz
dans ib. p. 75
De pitié plore li vassaus coneüz [renommé]
dans ib. p. 81
Et dit au roi : cist cors [ce cor] est conoissanz [se fait connaître]
dans ib. p. 84
Ne coneit il negun home charnel
dans ib. p. 91
S'il ce conoit [avoue] que ci [je] vous oi [ouïs] conter
dans ib. p. 180
Connissiez [connaissez] donc la folie
dans Couci, III
Ele voit bien et conoist et entent Qu'il n'en est plus qui si aimt [aime] leaument
dans ib. V
Et bien [je] connoiz que [je] n'i puis avenir [arriver]
dans ib. VIII
Dont li torz est conneüs et prouvés
dans ib. XI
Tel blasme amors qui en toute sa vie Leal amor ne bonne ne connut
de QUESNES dans Romancero, p. 86
Du servir est drois ; Maintenir le devons ; ce [je] tesmoign et connois
dans Sax. XVIII
... Habraam à qui Deus comanda Que de sa terre eissist ; e li bers s'en ala, Guerpi ses conissanz, sa feme od sei mena
dans Th. le mart. 65
3
XIIIe s.
Mais, espoir [sans doute], ce m'a grevé Qu'on ne connoit boin servise Tant qu'on ait autre esprouvé
de AUB. DE SEZANNE dans Romancero, p. 127
N'est nus [nul] qui la connoisse, qui forment ne la prise
dans Berte, VI
Et peut on clairement connoistre leur afaire
dans ib. LXIX
[Je] bien sai que par mes piés conneües [nous] serons
dans ib. LXXVII
À ce qu'il a oy (oy avec un y bref), [il] connoist la tricherie
dans ib. X
La traïson [elle] connoist [avoue], tout ainsi faitement Comme elle l'arréa
dans ib. XCV
Ele m'a conneü [avoué] qu'ele est Berte apelée
dans ib. CXV
Vous ne me cognoissiez ? je sui le roi Pepin
dans ib. CXX
Tantost [elle] connut [reconnut] sa mere, as piés lui est alée
dans ib. CXXVI
Li rois regarde et vit Blondiel et pensa coment il se feroit à lui conoistre
dans Chr. de Rains, p. 55
Ceus qui connoissent [avouent] aussi bien come ceus qui nient
dans Liv. des mét. p. 13
L'en ne doit pas metre fil ne coton avecques soie, pour ce que c'est decevance à ceus qui ne s'i connoissent
dans ib. 193
À ce sunt cil bien cognoissant Qui vont les dames traïssant
dans la Rose, 2563
Et se tu es bien congnoissans, Et vois que Diex est tous poissans
dans ib. 6331
Je me fais apeler oiseuse, Dist-ele, à tous mes congnoissans ; Si sui riche fame et poissans
dans ib. 583
Acoustumance est trop poissans ; Et se bien la sui congnoissans, Mainte chose desplet novele Qui par acoustumance est bele
dans ib. 7178
Je vos connois bien [je reconnais] qu'il a cinq ans que je voz convenenchai à asseïr dix livrées de terre sor mon heritage
de Philippe de BEAUMANOIR dans IX, 7
L'uitisme vertu [du bailli] si est que il soit très bien connissans
de Philippe de BEAUMANOIR dans IX, 23
Vous gardez que vous ne faites ne ne dites rien à vostre escient nulle riens, que se tout le monde le savoit, que vous ne peussiez congnoistre
Il [Dieu] conoist miauz [mieux] les gens que il ne se connoissent
dans Merlin, f° 71, recto
Maistres, qu'est che chi qui me lieve ? Vous connissiez vous en cest mal ?
dans Théâtre français, p. 62
Sires, fait ele, or m'esbahis De ce qu'ainçois ne vos connui, Je vos en ai fait grant ennui ; Je me tieng ore molt por fole ; Or vous connois à la parole
dans Fabliaux mss. p. 365, dans LACURNE
4
XIVe s.
Et pour ce quierent ilz et desirent ilz estre honerez des saiges et entre ceulx de qui il sont congneuz et en bien et en vertu
Et vous devez faire semblant devant vos gens que vous y congnoissiez et que vous l'avez à cuer
dans Ménagier, II, 3
5
XVe s.
Et ne trouvoit on medecin qui se connust en sa maladie
Lesquels ils ne vouloient mie connoistre [faire connaître] à ceux qui leur en demandoient
Je ne me connois mais à l'estat de France
Le roi d'Angleterre, qui ouït et entendit messire Godefroy parler, connut assez qu'il disoit verité
Et s'ils [les princes] le [un sage homme] connoissent, si ne leur en chaut-il, et departent leur auctorité à ceulx qui plus leur sont agreables
de Philippe de COMMINES dans I, 12
Un legat du pape envoyé pour pacifier et pour congnoistre du different de l'evesque et du peuple
de Philippe de COMMINES dans II, 10
... Et print suspection, le regarda au visage et le congneut [reconnut]
de ID. dans IV, 1
Comment le roy estoit allé en Bourbonnoys, congnoissant que tous les seigneurs du royaulme se declairoient contre luy....
de Philippe de COMMINES dans I, 2
Il faut que ayez homme qui se congnoisse bien en chevaulx
dans Jehan de Saintré, ch. 15
6
XVIe s.
Compte de tes cognoissants [connaissances] combien il en est mort
de Michel de MONTAIGNE dans I, 73
Il avoit cogneu longtemps un marchand à Toulouse
de Michel de MONTAIGNE dans I, 100
Je me cognois assez aux ouvrages d'aultruy
de Michel de MONTAIGNE dans III, 34
Ceste prophetie luy defendoit de toucher et cognoistre femme, qu'il ne fust de retour à Athenes
de Jacques AMYOT dans Thés. 4
Il les mesla parmy les autres filles, sans que personne y cogneust rien
de Jacques AMYOT dans ib. 27
Il donna aux nobles la charge de cognoistre des choses appartenantes au faict de la religion
de Jacques AMYOT dans ib. 29
Ilz l'avoient envoyé querir pour cognoistre, composer et pacifier leurs differents
de Jacques AMYOT dans Pélop. 48

ÉTYMOLOGIE

1
Wallon, kinohe ; namurois, conoche, conèche ; rouchi, conoitre ; Berry, conneûtre, couneûtre ; bourguig. cônay, connaître, queneussu, connu ; provenç. conoscer, conoiscer, conoisser ; catal. conexer ; espagn. conocer ; portug. conhecer ; ital. conoscere ; du latin cognoscere, de cum, et gnoscere, connaître (voy. GNOSE). Le participe coneü dans l'ancien français suppose un suffixe bas-latin utus ( 1er u long), cogne-utus, italien conosci-uto, attendu que dans coneü (dont connu est une contraction), eü représente deux syllabes. Palsgrave, p. 61, qui écrit je cognois, dit qu'on prononce conoi. L'orthographe de Voltaire appliquée à ce verbe ne permet plus de reconnaître pourquoi il y a un u dans je connus (cognovi), et elle brise les relations avec les mots de même origine : notion, notoire, etc.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1
CONNAÎTRE. - REM. Ajoutez :
2. Au XVIe s. cognoistre se prononçait conoistre, le g ne se faisant pas sentir (voy. LIVET, la Gramm. franç. p. 168).

Synonymes de CONNAÎTRE

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